Intention de retrait de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel: La réponse des campagnes internationales du désarmement humanitaire

Ce communiqué est également disponible en Deutsch, English, et español.

Des membres de la Campagne Internationale pour l’interdiction des mines terrestres (ICBL) protestent contre les transferts de mines antipersonnel des États-Unis vers l’Ukraine lors de la conférence d’examen du traité d’interdiction des mines au Cambodge en novembre 2024. Crédit: ICBL, 2024.

En tant que coalitions mondiales de la société civile œuvrant à la réduction de l’impact catastrophique de la guerre par le biais du désarmement humanitaire, nous sommes extrêmement préoccupés par l’annonce des ministres de la défense de l’Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie et de la Pologne appelant leurs pays à se retirer du Traité d’interdiction des mines antipersonnel (Mine Ban Treaty). Un tel retrait augmenterait le risque de décès et de blessures parmi les civils du fait d’une arme qui tue et mutile sans distinction et dont l’utilité militaire est limitée. Il menacerait également des décennies de progrès en matière de désarmement et, plus généralement, de renforcement du droit humanitaire international.

Le traité d’interdiction des mines a posé les bases du « désarmement humanitaire », qui vise à réduire les souffrances humaines et les atteintes à l’environnement causées par les armes. Depuis son adoption en 1997, le traité a permis de sauver des milliers de vies, d’éviter des dizaines de milliers de blessures dramatiques et de réparer les préjudices subis par les survivants grâce à l’interdiction des mines antipersonnel, à l’obligation de détruire les stocks, de déminer les terres contaminées et de fournir une assistance aux victimes. Le traité d’interdiction des mines a également permis de stimuler les efforts de coopération visant à la création de nouvelles normes sur d’autres armes. Les États, la société civile et les organisations internationales ont collaboré pour faire face aux conséquences humanitaires des systèmes d’armes autonomes, des armes à sous-munitions et des armes nucléaires, ainsi que du commerce des armes et de l’utilisation d’armes explosives dans les zones peuplées.

Si les préoccupations des États, qui envisagent de se retirer du traité d’interdiction des mines, sur leur sécurité sont légitimes, l’abandon d’une pierre angulaire du droit international qui sous-tend la protection des civils pendant et après les conflits n’est pas la solution. À l’heure où les conflits mondiaux s’intensifient et où le multilatéralisme est remis en question, les États devraient s’engager à nouveau en faveur de l’approche adopté par le désarmement humanitaire, basée sur la coopération et centrée sur les personnes et leurs besoins. Ils doivent unir leurs forces pour défendre sans équivoque le droit international qu’ils ont collectivement créé et les principes humanitaires qu’il incarne.

Signé par les campagnes de désarmement humanitaire suivantes:

International Campaign to Ban Landmines-Cluster Munition Coalition (ICBL-CMC)

Control Arms

International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN)

International Network on Explosive Weapons (INEW)

Stop Killer Robots

A list of the many additional endorsing organizations is available here.


Cette publication reflètes les opinions de ces signataires uniquement et ne représentent pas les opinions de la Clinique internationale des droits humains de l’Université de droit de Harvard ou de l’Université de Harvard.